7 groupes d’assurance vulnérables

Les derniers stress tests sont inquiétants. En banque, les tests ont été contestés (le superviseur européen a fixé le seuil d’acceptabilité ex-post). En assurance, le superviseur européen annonce que 7 groupes sur 42 ne passent pas les tests (les 42 groupes sont en page 35 du rapport).

Pour la France, ont participé AXA, BNP Paribas Cardif, Crédit Agricole Assurances, CNP Assurances , COVEA, GROUPAMA SA, Groupe des ASSURANCES DU CREDIT MUTUEL, Natixis Assurances et Sogecap.

L’EIOPA (Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles) a publié le 14 décembre les résultats de son dernier stress test. Les 42 groupes ayant participé aux tests représentent 75% du bilan des assureurs de l’UE. L’EIOPA considère les trois scénarios « sévères mais vraisemblables » :

– Un choc de remontée des taux, combiné à un choc de rachat et d’insuffisance de provisionnement. Pourquoi une hausse des taux à venir serait elle liée à un manque de provision passé ?

– Un choc de baisse des taux, combiné à un choc de longévité. Pourquoi la baisse des taux serait elle liée à un changement d’espérance de vie ?

– Une succession de catastrophes naturelles. Ce scénario a peu d’impacts en comparaison des chocs financiers, car les assureurs sont réassurés à 55% en moyenne C’est un scénario qui intéresse les réassureurs professionnels et les groupes qui s’y aventurent (AXA avec XL) ou qui ont tenté de le faire (Covéa avec Scor).

Sous Solvency 2, les impacts sont mesurés en rapportant l’actif net et le besoin de solvabilité (Solvency Capital Ratio). On le compare avec la situation avant choc (baseline à fin 2017), où les ratios actifs admis/passifs exigibles (Assets over Liabilities) était de 109,5% et le ratio de couverture Actif net/SCR était de 202,4 %.

Comme d’habitude, le superviseur européen insiste sur la résilience « au global » du marché (sous-entendu, ayez confiance, le superviseur vieille). Mais le diable est dans la dispersion autour de la moyenne :

  • Dans le scénario de remontée des taux (Yield Curve Up), six groupes ont reporté un ratio SCR inférieur à 100 %.
  • Dans le scénario de taux bas prolongé (Yield Curve Down), sept groupes ont reporté un SCR inférieur à 100% pour ce scénario.

Comme le président de l’EIOPA l’a laissé entendre, ces tests fournissent des armes aux superviseurs pour demander des mesures préventives aux groupes concernés. La transparence n’est pas encore au rendez-vous. Seulement quatre des 42 groupes participants ont accepté la publication de leurs résultats individuels.

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