Bonne année 2018 ?

Les prédictions étant auto-réalisatrices, autant afficher de l’optimisme pour cette nouvelle année: volonté de croire au changement politique, rattrapage de croissance, conjoncture favorable (économie mondiale à +3,7%), etc.

Les échéances internationales

2018 célèbrera la fin de la première guerre mondiale 1914-1918. Verra-t-on des initiatives européennes crédibles, donc concertées, ou de simples déclarations d’intention individuelles ? En tout cas, il faudrait en 2018 qu’E.M. évite de stigmatiser à nouveau des pays de l’Est, la Bulgarie prenant la présidence de l’Union Européenne.

2018 sera une année d’élections à suivre, notamment en Amérique latine (Brésil, Mexique, Cuba, Venezuela,…), et de réélection en Russie, puisque le principal opposant à V. Poutine a été interdit.

Enfin, des frictions sont encore à prévoir aux Proche et Moyen Orient, mais cela fait depuis plus de 5000 ans.

La finance en sursis

Les taux resteront bas avec peu d’inflation, malgré la reprise des prix de l’énergie. En effet, l’essor de l’économie digitale tire certains prix vers le bas. Certes, la BCE injectera encore 30Md€ de liquidités par mois, mais les Etats continueront d’emprunter au-delà du raisonnable maastrichtien.

Après un rallye boursier et immobilier en 2017, la finance reste euphorique avec ces taux bas. Mais un cumulonimbus point à l’horizon, celui des dettes. En Chine, les dettes sont non seulement publiques et privées, mais aussi présentes dans le shadow banking.

La croissance française d’environ 2% (2,3% dans l’UE) facilitera l’acceptation des réformes, beaucoup pensant que l’amélioration vient de ces réformes, même si elles ne sont pas encore mises en œuvre.

Quelle réforme publique ?

Après les échecs passés de RGPP et de MAP, le Premier ministre a initié le Comité Action Publique 2022. Même si la croissance boostera les recettes fiscales, les promesses de baisses des dépenses publiques (54%), des prélèvements obligatoires (44%) et des déficits (3%) sont intenables sans rupture. La dernière loi de finances a d’ailleurs prévu une légère hausse de la dépense publique en 2018.

Il ne s’agit pas que des dépenses de l’Etat, mais aussi celles des collectivités locales et du secteur hospitalier, pour lesquels E. Macron s’est engagé pour autrui. L’exercice comprend également le secteur public (SNCF, audiovisuel, etc) où quelques ballons d’essais médiatiques ont été envoyés. Les Français ne veulent pas moins de services publics, mais un meilleur rapport qualité prix.

Les mesures du 1er janvier

Démentant la doxa gouvernementale, l’Insee a détaillé pourquoi le pouvoir d’achat ne croîtra pas début 2018. Cela s’explique par la hausse du coût de l’énergie, des taxes (diesel, tabac), du prix des timbres, +1,7% de CSG pour tous et, pour le seul tiers de Français qui sont salariés, baisse des cotisations sociales (-0,75% maladie et -1,4% chômage). La majoration de 1,24% du Smic ne concerne que ceux qui y sont, mais cela accroît aussi la non compétitivité, donc le chômage.

Les premières mesures fiscales rentrent en vigueur : « flat tax » (Prélèvement Forfaitaire Unique de 30%), Impôt sur la Fortune Immobilière, « année blanche fiscale » (prélèvement à la source en 2019), etc.

La réforme sociale (code du travail, et pour les non-salariés, intégration du RSI dans le régime général) n’en est qu’à ses débuts.

Enfin, en ce centenaire de la grippe espagnole, 11 vaccins sont désormais obligatoires.

Un programme 2018 chargé

Pour reprendre la terminologie préférée d’E.Macron, les « transformations » au programme de 2018 porteront sur:

– l’apprentissage et la formation professionnelle (nouvelles tensions avec les collectivités locales à prévoir), et « l’assurance chômage », l’Unédic (contrôle des indemnisés),

– le droit d’asile (derrière un discours humaniste et fraternel, rendre plus effectif les reconductions aux frontières). En France, le sujet des migrants pourra exacerber les extrêmes, tactique usée depuis F. Mitterrand, fin connaisseur de l’extrême droite,

– la réforme du logement, de la laïcité, les violences faites aux femmes, la réduction de la vitesse limite à 80km/h, Notre Dame des Landes (évacuation musclée de la ZAD en perspective),

– du coté de B. Le Maire, la loi Entreprise (seuils sociaux, épargne salariale, etc), et le démarrage du plan d’investissement de 50Md€ (ce qui supposerait d’accélérer le dossier des cessions),

–  la poursuite des réformes fiscales (PLF, notamment sur les nouvelles étapes pour l’IS) et sociales (PLFSS sur la suite des cotisations sociales, les restes à charge, etc). Le gouvernement aurait intérêt à expliquer qu’il veut aider non pas les riches, mais les investisseurs,

– des sujets aux calendriers moins arrêtés et encore plus explosifs : réforme constitutionnelle diminuant le nombre de parlementaires (majorité des 3/5 du Congrès à trouver) ? Refondation systémique des régimes de retraite (procrastination en vue)?

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