Brexit : dilemme pour la réglementation financière

Changement gouvernemental           

T. May a annoncé son remaniement ministériel (Cabinet reshuffle). Cela fait suite aux diverses démissions pour scandales dans son gouvernement. Mais les ténors en matière de Brexit sont restés (D. Davis au Brexit, B. Johnson aux affaires étrangères, le chancelier de l’échiquier P. Hammond).

Pas sûr en conséquence que cela renforce la capacité de négociation de T. May. Elle devra repasser devant sa Chambre des Communes pour avaliser les conditions du divorce d’avec l’Union Européenne.

Impact budgétaire

La sortie du RU représentera une perte nette de l’ordre de 8,6Md£ par an (contribution britannique de 13,1Md£ nette du “rabais”, moins 4,5Md£ reçus par le RU). La discussion du budget pluriannuel de l’UE devra se finaliser après la fin de la période de transition (fin 2020).

A horizon 2021, et si le taux de change restait à 1£=1,12€, cela signifierait près de 10Md€ de moins par an pour le budget de l’Union. Cela impliquera un choix sur les contractions budgétaires, notamment sur la politique agricole commune (la PAC représente presque 40% du budget européen).

Réglementation financière

Les principales avancées de l’Union Européenne concernent la finance (monnaie unique pour la zone euro, union bancaire, etc). Même si le Royaume-Uni n’est pas dans la zone Euro, les enjeux pour les marchés de capitaux sont majeurs.

Espérant alors s’assurer une victoire pour le référendum sur le Brexit, D. Cameron avait obtenu que les règles en matière financière puissent être différentes au RU, en arguant que le RU est hors zone euro.

La victoire du camp du Brexit ne détériore pas cet aspect, au contraire. D’autres pays également hors zone euro auraient pu demander l’équivalent pour eux, ce qui aurait conduit à une Europe à 2 vitesses réglementaires.

Selon l’issue des négociations concernant son libre accès aux marchés des capitaux, la place de Londres se positionnera :

  • soit en devant s’aligner globalement avec les règles de l’UE (pour maintenir son accès au marché européen),
  • soit, dans le cas contraire, en se repositionnant comme place plus attractive (fiscalement, réglementairement en terme prudentiel et de blanchiment), un peu comme Singapour.

Un choix stratégique pour l’UE

Réciproquement pour l’UE, selon l’option retenue, il faudra en tenir compte dans les directives européennes. L’UE devra arbitrer entre construction financière européenne en dur (marché des capitaux, cotisations au FRU, règles anti-blanchiment, etc) et souplesse pour rester attractive.

Londres est la principale place de confrontation de l’offre et de la demande de capitaux au monde. Sans le RU, l’UE disposera-t-elle d’un équivalent à l’avenir, si elle persiste dans des normes prudentielles dissuasives?

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