Brexit: la bataille de France

La France avait perdu la première manche (cf la Gazette) de la localisation dans l’UE du siège des groupes financiers, aujourd’hui au Royaume-Uni. Allant perdre leur « passeport européen » avec le Brexit, ces groupes cherchent un siège intra-Union Européenne. A de très rares exceptions (HSBC), les groupes financiers installés à Londres ont jusqu’ici annoncé privilégier les autres places : Francfort, Bruxelles, Dublin, Luxembourg,…

Le risque est de ne pas récupérer une partie de la finance en France, pays pourtant plein d’atouts (position géographique, population, infrastructures, etc). Mais le pays est connu pour ses tracasseries administratives et le poids excessif des prélèvements obligatoires. L’industrie avait ainsi perdu beaucoup en parts de marché et en sièges avec d’importants départs (Alcatel-Lucent vers la Finlande, Lafarge-Holcim vers la Suisse, Technip-FMC vers Londres et Houston,…).

Redorer le blason français

L’image de la France est marquée par le renouveau politique, même s’il y a une part de recyclage des personnes, des idées et des pratiques. Cela contraste d’autant que d’autres grands dirigeants se sont eux-mêmes ostracisés (D. Trump, V. Putin) ou ont connu une érosion (T. May, A. Merkel).

En outre, Paris a une forte probabilité d’accueillir les Jeux Olympiques en 2024 et peut-être l’Exposition Universelle de 2025.

Des pas vers la normalisation fiscale

Outre les mesures générales engagées (réforme du travail, promesses de campagne précisées dans leur calendrier dans le discours de politique générale), le Premier ministre, en compagnie de la maire de Paris et de la présidente de la Région Ile de France, a égrainé quelques mesures pour attirer les entreprises candidates à traverser la Manche.

Le Premier ministre a confirmé le retour à un taux d’impôt sur les sociétés (passer de 33 un tiers à 25%), mais « d’ici 2022 ». L’ISF reste en France une idéologie devenue anormale dans la compétition internationale et confiscatoire dans un contexte de taux bas. Il ne serait transformé en ISF immobilier qu’en 2019.

Les cotisations sociales devraient baisser: suppression des cotisations salariales maladie et chômage en 2018 contre une hausse de 1,7% de la CSG, et bascule, annoncée pour 2019, du CICE vers un allègement des charges. Mais la normalisation des retraites risque de durer au-delà du quinquennat.

Les mesures nouvelles sont :

–          La suppression de la taxe sur les salaires -qui affecte les organismes financiers qui ne sont pas soumis à la TVA- sur la plus haute tranche (taux majoré de 20% au-delà de 152 122€).

–          Les indemnités prud’homales de licenciement ne prendraient plus en compte les primes.

–          On créerait une Chambre de commerce internationale et 3 lycées internationaux.

La législature précédente avait fait du zèle (sur transposition) avec l’instauration d’une Taxe Tobin (Taxe sur les Transactions Financières) « intraday ». Idéologique et impraticable (pour les résidents étrangers), elle sera supprimée.

 

Le Premier ministre n’est plus seulement chargé d’annoncer les mauvaises nouvelles (comme la  baisse du nombre de fonctionnaires, ou les différés dans les baisses d’impôts) ou de défendre les causes perdues (maintien de F. Bayrou). Il annonce un début de normalisation pour que la France redevienne attractive et compétitive.

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