Catastrophes Naturelles : le GIEC demande un changement de braquet

E. Macron, en visite dans les îles encore dévastées de St Barth et de St Martin, a vilipendé le retard des indemnisations des assureurs. Plus d’un an après les arrêtés de septembre 2017 reconnaissant l’état de catastrophe naturelle, sur les 3Md€ de dégâts matériels, dont 1,9Md€ assurés, seuls 68% auraient été indemnisés selon le gouvernement.

Le chef de l’Etat a promis une réforme de l’assurance des catastrophes naturelles (proposition mi 2019), avec une plus grande prise en charge des dommages. En effet aujourd’hui, dans le régime étatique des cat-nat (géré par la CCR), les franchises sont de 380€ pour les biens personnels, et de 10% des dommages matériels professionnels, avec un minimum de 1140€. Il faudrait songer aussi à un maximum de franchise.

La FFA et la Direction du Trésor ont de très longue date des projets d’aménagements du régime cat nat (rôle du BCT, modulation des franchises, etc), notamment en matière d’extension de la prévention. Mais peut-être faudrait-il déjà renforcer l’application des règles existantes (PPR).

Plus généralement, les intempéries continuent à frapper la planète : l’ouragan Florence aux USA, le typhon Trami au Japon, etc. L’accroissement des cat nat, qui se constate en fréquence et en montant, est global.

Le GIEC alerte

A l’occasion de la réunion de représentants de près de 200 pays membres de l’ONU en Corée du Sud, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a remis son 15ème rapport.

Au rythme actuel des émissions de « GES » (gaz à effet de serre : CO2, méthane, etc), la hausse de 1,5% (hypothèse demandée à la COP21) du climat serait atteinte dans une vingtaine d’années. Le problème est ainsi démultiplié puisque la nature n’a pas le temps de s’adapter et des espèces entières pourraient disparaître à cette échéance. Le GIEC insiste sur le fait que la hausse pourrait ensuite dépasser les 2%, ce qui aurait des conséquences tout autre que le +1,5%. Avec +2%, on risque le seuil de non-retour, avec emballement des phénomènes procycliques comme la fonte des calottes glaciaires (renvoyant moins la lumière solaire), le dégel du permafrost (relâchant des GES), les incendies de forêts (absorbant moins de CO2), etc.

De nombreuses espèces sont plus que menacées, dont beaucoup d’espèces symboliques qui peuplent nos livres d’enfance (félins dont le tigre, singes dont l’orang-outan, les pandas géants, les koalas, les rhinocéros, les éléphants d’Afrique, les ours polaires, diverses baleines, certains coraux, …). A l’inverse des proliférations indésirées se produiront (frelons asiatiques par exemple).

L’humanité habitant largement au bord de l’eau, le phénomène de remontée du niveau des mers d’un mètre (ou plus) sera très impactant : disparition de pays (les Maldives, puis les Seychelles, etc), mort de biotopes (récifs coraliens), de cités lacustres ou maritimes (un quart des Pays-Bas, Venise, Nouvelle-Orléans, …), fonte des glaciers, disparition de la mer morte. Un canal est en projet dans ce dernier cas, idée que l’on pourrait étendre à d’autres sites (lac Assal à Djibouti, dépression de Qattara en Egypte, …).

Bien sûr, le stress hydrique aurait des conséquences en termes de guerres civiles et de migrations de bien plus grande ampleur qu’aujourd’hui.

Des études ont imaginé les incidences de la disparition de l’humanité sur terre. Après quelques hécatombes (animaux domestiques et d’élevages, explosions de centrales, …), la nature reprendrait rapidement ses droits. Toute trace du passage de l’humanité disparaîtrait au bout de quelques dizaines de millions d’années. Son seul impact dans l’histoire de la terre aura été une extinction massive d’espèces, comme au Permien-Trias. Ce serait la seule extinction causée non pas par une catastrophe naturelle, mais par une activité biologique.

Quelles solutions ?

Les conclusions de la réunion en Corée préconiseront à chaque pays de faire plus d’efforts en matière de réduction des GES. E. Macron a reçu un prix de « champion de la terre » pour ses propos bravaches (mais sans effet) contre D. Trump sur le climat, mais il n’applique pas l’accord de Paris en ce qui concerne la France.

Les propositions visant à réguler artificiellement la température terrestre (comme envoyer des particules réfléchissantes dans l’atmosphère) sont aujourd’hui rejetées.

Le sujet du climat est tellement vaste, qu’un changement paramétrique du système des catastrophes naturelles n’est pas du tout à la hauteur des enjeux. Quitte à passer par l’assurance, on pourrait envisager un système de co-réassurance (cela existe pour les garanties terrorismes), ouvert à l’Europe et au monde.

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