CHINE-USA : qui va gagner ?

D’ici fin mars, les USA et la Chine devraient signer un nouvel accord commercial après l’escalade des menaces dans la guerre douanière entre les 2 géants. Même si c’est une trêve de l’erratique D. Trump, cela pourrait rassurer le commerce et la croissance mondiale.

Les Bourses américaines ont en effet plongé fin 2018. Les indices américains avaient progressé sur des fondements spéculatifs dus à la myopie de marchés. Les baisses fiscales et le programme de relance américain ont boosté les indices, mais les 2 politiques sont à financer plus tard. D.Trump a attaqué par tweet la Fed et son programme de hausses de taux. Pourtant, les bulles de dettes (publiques et privées) sont un danger pour les USA et le monde financier.

Les relations sino-américaines sont économiques mais bien sûr aussi financières. Le Trésor américain a besoin de l’Asie pour se refinancer. La Chine n’est pas encore véritablement une économie de marché selon l’OMC (Yuan pas totalement convertible, état dirigiste, entreprises zombies, créances douteuses,…). La compétition n’est pas forcément dans le respect des règles. Dans le digital (BATX versus GAFA), qui respecte le « data privacy » ou les « copyrights » ?

Isolationnisme américain

« America first » reste l’axe de D.Trump. Il préfère un blocage de l’administration (« shutdown » par blocage budgétaire) plutôt que de renoncer au mur avec le Mexique. Or, ériger des murs ne règle rien historiquement (rideau de fer, 38ème parallèle entre les deux Corées, mur de la honte, …).

L’annonce du départ des GIs de Syrie confirme le souhait de la Maison Blanche de se désengager du Proche et Moyen Orient.

L’autre front qui ne dit pas son nom est la Corée. Après des échanges chaleureux avec D. Trump, le dictateur nord-coréen est en visite dans l’empire céleste.

Expansionnisme chinois

Xi Jinping a menacé ouvertement d’absorber Taïwan. Certes la belle île (Formose) compte depuis Zhèng Chénggōng plus de Chinois que d’aborigènes et de bien sûr de colons de passage (Portugais, Espagnols, Hollandais, Japonais, Américains). Depuis Tchang Kaï-chek, Taïwan est une base arrière politico-économique, dans une zone clé dans la domination de la mer de Chine méridionale.

La Chine déploie sa stratégie des routes commerciales : nouvelles routes de la soie et collier de perles (série de ports depuis Hong Kong, qui a été repris, jusqu’à la base militaire de Djibouti, voire la concession du Pirée). Ce collier fait face à la ceinture de bases américaines qui s’étend du Japon jusqu’au sud est asiatique.

L’expansionnisme chinois va jusqu’à envoyer un module sur la face cachée de la Lune. L’espace sera la prochaine frontière d’affrontement et d’affichage des suprématies.

Une course contre la montre

Les lignes de front entre USA et Chine semblent s’inverser dans une situation paradoxale. L’empire communiste promeut le libre échange contre les USA, l’empire du libéralisme. La Chine a besoin du débouché commercial des USA qui a besoin de se refinancer auprès de l’Asie. Une guerre Chine-Amérique signifierait l’effondrement de cette relation chimérique.

Or, la Chine reste un colosse aux pieds d’argile, notamment financièrement. Sa dette totale (publique et privée, sans compter le shadow banking) excède 250% du PIB. Avec une hausse de 60% en 5 ans, le risque de Non Performing Loans est inquiétant.

A plus long terme, le rapport de force est incertain. Au global, l’Occident va céder la domination mondiale à l’Asie (l’Inde a une croissance supérieure à la Chine). Mais la Chine doit vite accumuler de la richesse avant son vieillissement programmé d’ici trente ans.

Un demi-milliard de vieux

La population chinoise (1,39 milliard d’habitants) a baissé pour la première fois depuis l’avènement de la république populaire en 1949. La politique de l’enfant unique a été abandonnée, mais la population féminine en âge de procréer diminue.

La population en âge de travailler (0,9 milliard de personnes) se tasse. Mais surtout, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus va plus que doubler en passant de 241 millions fin 2017 à 487 millions en 2050.

Pour se consoler, le marché de l’assurance de personnes en Chine a de beaux jours devant lui. L’empire du milieu est déjà le 2ème marché mondial de l’assurance selon Sigma.

 

Au global, la situation Chine-USA, qui est la clé de voute de l’économie mondiale, est dangereusement tendue commercialement, financièrement, diplomatiquement et militairement. La seule certitude est que l’Europe se fait distancer et devrait prendre l’occasion des élections européennes cette année pour revenir au niveau.

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