Dans la métallurgie, la restructuration conventionnelle fait du surplace

Aux dernières nouvelles, en date de début mars, les négociations relatives à la restructuration conventionnelle de la métallurgie se déroulaient dans une ambiance pour le moins tendue. Les quelques réunions qui ont eu lieu depuis n’ont guère modifié la donne. Portant sur les formes d’emploi, le temps de travail et la santé au travail, les discussions tournent en rond, au mieux, ou engendrent de profonds désaccords paritaires, au pire.

L’UIMM pour la flexibilité du Travail…

Les réunions de négociation ayant pour objet les formes d’emploi et le temps de travail sont l’occasion, pour l’UIMM, de mettre en avant sa volonté de flexibiliser le marché du travail dans le secteur de la métallurgie. En matière de forme d’emploi, la chambre patronale entend ainsi non seulement négocier un contrat de chantier dans la branche mais également assouplir largement les conditions de recours aux CDD et à l’intérim – notamment en termes de délais de carence et de conditions de renouvellement. En matière de temps de travail, l’UIMM revoit régulièrement à la hausse ses ambitions. A l’heure actuelle, elle revendique la possibilité de porter le quota annuel d’heures supplémentaires à 510 heures, une évolution du forfait-jours, de 218 à 235 jours et, enfin, un décompte restrictif du temps de travail, n’incluant notamment pas les temps d’habillage/déshabillage et d’astreintes.

… et avec des contreparties limitées

Ceux d’entre les négociateurs représentant les salariés qui s’attendaient à ce que ces exigences de flexibilité allaient s’accompagner de contreparties intéressantes en sont pour leurs frais. Dans l’état actuel des choses, dans le cadre de la négociation relative à la santé et la qualité de vie au travail, l’UIMM se montre intraitable. Quelques concessions ont bien été faites dans le domaine des possibilités de recourir à la médecine du travail. Mais sur l’essentiel, en l’occurrence sur la prévention et de la réparation de la pénibilité, les propositions patronales de dispositions concrètes sont jugées maigres, sinon inexistantes, par les représentants salariaux. La réunion du 5 mai dernier, que l’UIMM voulait « conclusive » sur la santé et la qualité de vie au travail, ne l’a au final pas été, faute de possibilité d’accord paritaire. Les syndicalistes ont obtenu la tenue d’une nouvelle réunion.

Une opportune intransigeance patronale ?

Au-delà de ce report de la fin de la négociation sur la santé et la qualité de vie au travail, les négociateurs représentant les salariés, y compris du côté de ceux, nettement majoritaires, qui font figure de modérés, commencent à se lasser de l’attitude de l’UIMM. Ne semblant pas vouloir chercher des points d’accords paritaires sur les enjeux les plus fondamentaux, mais avançant au contraire des revendications sans cesse plus poussées, les représentants patronaux finisent par laisser perplexes leurs homologues salariés. Certains en viennent ainsi à se demander si l’intransigeance dont fait preuve l’UIMM dans le cadre de la restructuration conventionnelle ne résulte pas de la candidature à la présidence du Medef d’Alexandre Saubot, l’ancien président de l’UIMM. Un bon président du Medef peut-il en effet vraiment provenir d’une chambre patronale disposée à discuter sereinement avec les syndicats de salariés ?

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