Des catastrophes à la dérive

Sigma (publications du groupe Swiss Re) a produit une estimation mondiale pour 2017 des montants des « désastres », en hausse de 62% à 306Md$, dont 136Md$ assurés (+91%). 2017 se compare ainsi aux montants déjà colossaux de 2005 avec Katrina (coût des ouragans aux USA de plus de 110Md$ cette année-là).

L’essentiel de ces pertes (300 sur 306Md$) est classé en « catastrophes naturelles », par opposition à celles « man made ». En réalité, cet accroissement des cataclysmes comprend l’impact de l’activité humaine.Trump prend prétexte de la vague glaciaire qui s’abat sur les Etats-Unis pour démentir le réchauffement climatique. Bien au contraire, cette vague tendrait à accréditer la thèse du dérèglement climatique. Si globalement la tendance est au réchauffement (de l’ordre de 3% d’ici la fin du siècle selon le GIEC), certaines zones pourraient se refroidir (par exemple les îles britanniques, si le Gulf Stream était amoindri). Le dérèglement climatique signifie des catastrophes « naturelles » (même si le fait générateur initial est l’activité humaine) plus fréquentes mais surtout d’ampleurs supérieures. On a pu constater l’été dernier, qu’un réchauffement minime dans les Caraïbes a entrainé un changement de catégorie des cyclones induits.

2018 en France

Selon le bilan provisoire de la Fédération Française de l’Assurance (FFA), les tempêtes de début janvier Carmen et Eleanor représenteraient 150 000 sinistres pour un montant de 200M€. Les dommages consécutifs aux inondations pourraient alourdir cette estimation.

Divers sites suivent le sujet des catastrophes naturelles, par exemple celui d’Ubyrisk.

La FFA rappelle sur son site les conditions d’indemnisation pour les contrats de dommages aux biens. La garantie tempête s’applique, et la garantie « catastrophes naturelles » prendra effet si des arrêtés sont pris en ce sens.

La FFA prône pour ses membres l’assouplissement de ses règles : bienveillance dans l’application du délai de 5 jours et des moyens de déclarations larges (mail, téléphone, etc).

Réforme des catastrophes naturelles

Au-delà du rappel de bon aloi de l’importance de la prévention des risques, un des rôles de la Fédération est de proposer des aménagements au régime des catastrophes naturelles, si l’on veut pérenniser un régime français assez unique (avec garantie de l’Etat au travers de la CCR). La dérive de la sinistralité ne permettra pas de faire l’autruche très longtemps sans compromettre l’équilibre financier du régime actuel.

Il ne s’agit pas seulement de proposer des aménagements (assouplissements du délai de déclaration de 5 jours et du montant des franchises, extension de la prévention). En effet, ces mesures renchériront globalement la charge de sinistres alors que l’on constate déjà une dérive « naturelle » de la sinistralité. Il faut profiter des réflexions européennes en cours concernant les catastrophes naturelles pour transformer en profondeur le régime, par exemple en s’inspirant de ce qui a été fait sur Gareat.

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