Fort ralentissement européen

Le refroidissement a atteint nos instances européennes. Economiquement, l’Union Européenne subira le Brexit, les tensions commerciales générées par D. Trump particulièrement avec la Chine, et une atonie intrinsèque à la zone euro. Mais les tensions économiques se traduisent déjà dans les postures politiques.

Politiquement

La France rappelle son ambassadeur en Italie, cette dernière est rentrée techniquement en récession (et +0,2% prévu pour 2019), l’Allemagne approche le point mort (+1,1% prévu pour son PIB), et D. Tusk évoque l’enfer pour les partisans inconsidérés du Brexit.

L’accord d’Aix la Chapelle a été signé par le président français et la Chancelière comme un acte de communication. Mais il est mal passé chez les patriotes des deux bords du Rhin, alors que l’accord est quasiment une confirmation des accords existants.

L’accord sur le Brexit ne progresse pas. T. May a plus d’ouverture chez la Chancelière que chez le président français ou les autorités européennes. Si la Première ministre compte faire revoter à son parlement un accord à peine plus explicité, mais pas radicalement différent sur le backstop irlandais, on s’achemine vers une sortie sans accord. Cela serait particulièrement dommageable au RU mais aussi à l’Irlande et aux pays proches (France notamment) pratiquement pas préparés.

Le PIB freine

Selon la Commission Européenne, le PIB de la zone euro ne progresserait que de 1,3% au lieu de 1,9% prévus. Pour l’ensemble des 27 (UE moins RU), la croissance n’atteindrait que 1,5%.

Pour la France, ce n’est qu’un maigre 1,3% qui est prévu pour la croissance du PIB en 2019. Cela confirme que les prévisions du gouvernement pour faire passer ses lois de finances 2019 relevaient bien du déni des réalités. L’écart entre les promesses et les perspectives est patent (déficit public prévu à 3,2%, sans compter 60Md€ de déficit commercial, 1,3% de croissance au lieu de 2% dans le programme LREM, hausse de la dette à 100% du PIB, hausse des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques, au lieu des baisses promises).

1,3% de croissance ne permet qu’une création d’emplois du même ordre que les rentrées nettes sur le marché du travail, donc pas de recul du chômage en perspective.

Dans son dernier rapport, la Cour des Comptes a critiqué l’exécution du budget 2018. Elle a aussi indiqué qu’il n’existait plus de marge de manœuvre en cas de crise (la dette/PIB a dépassé les 99%). La France s’approche doucement de ce scénario adverse, et du cas italien (trop de dette donc pas de possibilité de relance, pourtant promise).

2 points positifs

  • L’inflation va baisser (à 1,4% au lieu des 1,8% prévus). Cela signifie que la remontée des taux d’intérêts par la BCE ne sera pas immédiate (l’objectif d’inflation de la BCE est de 2%). Mais en France, le gouvernement compte sur de l’inflation pour faire baisser les rémunérations et les rentes sans avoir à l’expliciter (en sous-indexant les rentes et en évitant de donner de coups de pouce au smic). Au passage, le maintien de taux bas n’est bon ni pour l’épargnant, ni pour la finance, car il pince les marges d’intérêts.
  • Une légère reprise européenne est prévue pour 2020 (PIB rebondissant à 1,6%).

Espérons.

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