Indicateurs en berne

Après de très bons chiffres économiques en 2017 (du moins comparé à la décennie précédente), les indicateurs d’activité repassent à l’orange, et pas seulement la décélération du PIB.

Les salariés comptent plus de 17 jours d’arrêts maladie en moyenne. C’est historiquement un indicateur clé du ralentissement économique. En effet, en période de ralentissement, employeurs et employés ont intérêt à faire payer des congés (aux jours de carence près) par la solidarité nationale et les assureurs complémentaires.

Le déficit commercial s’aggrave de 10% au 2ème trimestre, sachant qu’en 2017, ce déficit s’était creusé à 62Md€.

Après une baisse en 2017, le chômage est repassé de 8,9% à 9,1% au premier semestre 2018. Avec 2,3% d’inflation enregistré en août, et des revalorisations attendues à 0,3% (retraite, allocations familiales, APL,…), le pouvoir d’achat diminue pour l’instant.

Les dépenses publiques n’étant pas freinées, les déficits publics reprennent. Pour 2019, entre 2,6% et 3% sont attendus, plaçant la France en queue de peloton européen. La Commission Européenne sera vigilante sur notre déficit structurel. Il faudrait qu’il baisse de 0,6 point par an, et l’actuel budget en est loin.

De plus, contrairement aux engagements de campagne, la dette s’alourdit à 98,5% du PIB (reprise de la dette SNCF).

C’est d’autant plus préoccupant que ce déficit se creuse malgré les prélèvements obligatoires qui continuent d’être au sommet des pays développés. Le taux d’IS est de 34,43%, soit plus de 10 points au-dessus de la moyenne du taux d’IS de l’OCDE.

Fin de l’euphorie financière

La BCE qui n’a toujours pas mis fin au laxisme monétaire (taux zéro et injections de liquidités alors que l’inflation tangente les 2%) fait figure d’exception dans le monde. La Federal Reserve va encore accroître ses taux directeurs 2 fois, malgré les pressions contraires de D. Trump. Certes, la Chine va sans doute desserrer sa contrainte financière, mais c’est pour cause de guerre commerciale avec les USA.

Lors de la normalisation de la BCE, le déficit s’aggravera par le coût croissant de la charge de la dette (avec une dette qui ne diminue pas, et des taux qui remonteront).

Problème démographique

L’INSEE a dénombré 770 000 naissances en 2017 (dont 60% hors mariage), soit 14 000 de moins que l’année précédente. Le même INSEE donne pour la population 724 000 nés en 2017 contre 851 000 en 2008.

Cela représente une baisse de 15% en à peine 10 ans. Cela se répercutera sur la démographie (ratios actifs/non actifs en détérioration) et l’économie (-15% de travailleurs à venir).

Les causes sociétales de ce déclin sont multiples, comme la procréation plus tardive, l’individualisme, mais aussi un moindre engouement, pour ne pas dire confiance, en l’avenir.

Un PLF hors sol

Le regain d’espoir fin 2017, a été largement déçu depuis.

La confiance reviendra avec les résultats, à commencer par la baisse du chômage, qui suppose une reprise économique, qui implique une meilleure productivité, qui impose une baisse des prélèvements obligatoires, qui exige que les dépenses publiques inefficaces baissent.

Il serait temps que le gouvernement s’y attelle, conformément à ses promesses de campagne. Mais le Projet de Loi de Finances pour 2019 va au contraire dans le sens de la poursuite des dérives et des déficits.

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