Katowice, morne plaine

La COP 24 à Katowice devait mettre en œuvre l’Accord de Paris. Situer ce symposium anti-carbone dans le chef-lieu de la voïvodie de Silésie, productrice de charbon, rajoutait à la difficulté. Repousser d’une journée la fin de la COP 24 a permis d’annoncer les règles d’application de l’accord de Paris, mais sans objectifs de réductions supplémentaires des gaz à effet de serre.

Qui peut nous sauver ?

On sait depuis 1972 avec « The limits to growth » de D. Meadow* que la croissance productiviste épuise les ressources naturelles. 40 ans après, il avait déclaré au sommet de Rio ne plus croire en la résolution des problèmes environnementaux par les dirigeants.

Les incendies géants en Californie et les ouragans dans le golfe du Mexique ne suffisent pas au climatosceptique D. Trump. Il préfère les profits à court terme d’une exploitation pétrolière gigantesque aux USA. Il ne faudra pas non plus demander à J. Bolsonaro qui a refusé que la COP25 se déroule au Brésil (elle se tiendra au Chili, ce qui ne manque pas de piment).

Le slogan « Make our planet great again » s’est effondré, comme la cote de popularité de son auteur. D’ailleurs, la France a accru ses émissions de 3% au lieu de les diminuer de 3% selon l’accord de Paris.

Les magnats des GAFA ou de Virgin font rêver en proposant des voyages spatiaux permettant de s’échapper d’une planète condamnée au rythme actuel. Ne promettent-ils pas du rêve pour faire oublier leurs turpitudes en ce bas monde (manipulation de données personnelles, etc) ?

Les Etats et les entreprises raisonnent à court terme. Les entreprises avec leur reportings trimestriels n’intègrent pas de provision pour dépréciation de leur environnement. Les dirigeants des Etats n’ont comme horizon que les prochaines élections. Du temps de la monarchie, on plantait des arbres pour les successeurs. Aujourd’hui, on épuise en 7 mois ce que produit annuellement la planète.

L’effondrement

Le monde sera touché par le dérèglement climatique, à commencer par les villes littorales voire des pays entiers (Shanghai**, Bangkok, Bombay, Calcutta, Bangladesh, Maldives, New-York, Miami, Pays-Bas, etc). Même la France ne serait pas épargnée (La Rochelle, Nantes, Bordeaux, etc).

Les effets d’emballement sont connus (la diminution des calottes glaciaires entraine moins de réverbération, le réchauffement du pergélisol sibérien relâchera des gaz à effet de serre comme le méthane, sans compter du méthylmercure et des virus anciens). Si bien qu’un réchauffement de +2° est bien plus catastrophique que +1,5°.

La population mondiale passera de 7,5 à 10 Md d’habitants en 2050. Les migrants climatiques pourraient s’élever à un milliard.

A quand l’effondrement ? En fait, chaque jour où une espèce disparaît. Les rapports du GIEC, des Nations Unies, du FAO, du WWF accumulent les preuves en ce sens.

Après les déclinologues, se développent les « collapsologues » (effondrement des espèces). Ceux qui les dénient au nom d’un pseudo-progrès court-termiste s’apparentent à des négationnistes, qui ne veulent pas voir la présente extermination de la planète. Or, le vrai progrès suppose une conscience***.

 

*D. Meadow : MIT, Club de Rome, spécialiste de la dynamique des systèmes.

**Shanghai signifie « sur la mer ».

*** Science sans conscience n’est que ruine de l’âme : Pantagruel de Rabelais. Il a été rejoint par philosophiquement par Montaigne, voire par Pascal, dans cette auto limitation nécessaire.

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