La Chine déclare la guerre aux risques financiers

La Chine a annoncé la fusion de ses superviseurs de la banque (China Banking Regulatory Commission) et de l’assurance (China Insurance Regulatory Commission). Cette mode avait déjà touché des pays occidentaux.

La France avait vu la création de l’ACPR, regroupant les anciens ACAM, CEA, CB, et CECEI qui donnaient ou retiraient les agréments en assurance et en banque. Le superviseur y gagnait ainsi en taille, mais perdait en indépendance du côté de l’assurance. Le monde de la protection sociale complémentaire se trouvait ainsi inféodé à la finance.

Avec des dettes chinoises représentant 280% de son PIB, la Chine est pointée du doigt (encore récemment par la BRI) pour ses risques de créances douteuses (15% de ses entreprises), d’investissements spéculatifs et de shadow banking (estimé à 7000Md$ en 2016). En comparant avec la taille des bilans des banques concernées (3760Md$ pour l’Industrial and Commercial Bank of China, la plus grosse banque mondiale), les bad loans de l’Italie passent pour un épiphénomène.

En assurance, le superviseur avait aussi laissé monter les risques d’investissements. Son président a été limogé avec soupçon de corruption. Après une série d’acquisitions, l’assureur Anbang a été placé sous tutelle suite aux difficultés financières en résultant.

La banque centrale chinoise (People’s Bank of China) récupère au passage l’édiction de lois et règlements. En France, le Trésor prépare les textes financiers, et l’ACPR, « adossée » à la Banque de France, édicte sa doctrine en interprétant les textes.

Le superviseur de la finance n’inclura pas la supervision des marchés, qui reste à part, notamment comme en France avec l’AMF.

Beaucoup d’analystes relient ce remaniement au renforcement de Xi Jinping, qui n’est plus tenu de partir après 10 ans de pouvoir suprême.

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