La France au CES

Le Consumer Electronics Show de Las Vegas s’est achevé. Ces paillettes de lumière dans la ville des mirages contrastent dans un pays plongé dans le « shutdown ».

Inventaire à la Jacques Prévert, liste à la Boris Vian, ou concours Lépine, l’énumération des innovations donne le tournis : objets connectés, intelligence artificielle, digital, drones, robotique, impressions 3D géantes, cryptomonnaies, réalités virtuelles ou augmentées, télé pliable, habitat encore plus connecté, 5G, villes intelligentes, traducteur vocal instantané, beauté connectée, capteurs médicaux, start up de la transition énergétique, …

Le salon est aussi apparu comme un vaste salon de l’automobile du futur : voitures qui marchent, de plus en plus autonomes, qui volent, qui se transforment, navigation connectée 2 roues sécurisées, …

Une compétition mondiale

Le sujet du digital est mondial : 92% des recherches de Google le sont à l’échelle mondiale, un internaute sur 2 est asiatique, …

Les 8 plus grosses capitalisations mondiales sont des entreprises digitales (sauf l’atypique Berkshire Hathaway). Les 6 premières sont américaines et les 2 suivantes sont chinoises. La Chine a investi 234Md$ en 2018 sur l’IA. C’est à comparer au plan gouvernemental de 1,5Md€ pour le digital en France.

La France active

Les entrepreneurs français sont les plus nombreux (9% des stands, dont 381 start up), après les américains. Les politiciens français n’ont pas fait le déplacement à Las Vegas. Le Secrétaire d’Etat au Numérique (qui n’a pas même pas assisté au CES) a annoncé depuis la France vouloir un Next 40 (indice de la FrenchTech).

En France, il existe un technology show (Vivatech, porte de Versailles en mai), encore en croissance (mais encore loin derrière l’IFA de Berlin).

La France aurait dû postuler pour FranceExpo2025, avant que le gouvernement ne mette un terme au projet. Dès que le métro (ligne 18 du grand Paris express) sera achevé (2030 ?), on pourrait accueillir sur les sites de Palaiseau/Orsay un centre digital à l’échelle de la compétition mondiale. C. Villani (député LREM, médaille Fields) avait plaidé pour le digital, et pour le développement de sa circonscription auprès du gouvernement (Métro, FranceExpo, etc), mais sans succès.

Doing good by tech ?

Pour se consoler de la déréliction du plateau par le pouvoir politique en place, Saclay va se doter d’un HP de 14 pétaflops pour ses algorithmes d’Intelligence artificielle. Le CES a exhibé une maquette d’ordinateur quantique (de 20 Qubits). Au rythme actuel, de tels ordinateurs pourront bientôt déverrouiller n’importe quel cryptogramme, et accéder aux codes de lancement des missiles nucléaires par exemple. Il faudrait penser à contrôler la vente de ces futurs ordinateurs quantiques…

Comme la finance, l’Intelligence artificielle n’est ni morale, ni immorale, mais amorale. Les développements technologiques récents soulèvent des questions éthiques. « Doing good by tech » ne va de soi que si on utilise les innovations avec pertinence.

Partager l'article

Commenter