L’assurance en 2017

La Fédération Française de l’Assurance (FFA) a présenté les résultats de son secteur pour 2017. La tête de la FFA s’y affiche comme « l’assurance d’un monde En Mouvement » (presque « En Marche »). Post Brexit, la France est le leader de l’assurance de l’UE, grâce aux assurances de personnes.

Une épargne plus risquée

Les primes vie s’élèvent à 131,5Md€ (en tassement de 1,8% compte tenu des incertitudes politiques de début 2017), alors que les prestations ont cru de 6,4%. Avec 20% des encours au 31 décembre 2017, les unités de compte (UC) atteignent les 20% du stock (qui s’élève à 1676Md€). Plus largement, les placements des assureurs atteint 2433Md€ (+3,1%). En flux, ces UC représentent 28% de la collecte, soit 36,7Md€.

Avec 22Md€ en accidents-maladie (+4,5%), les cotisations ont moins augmenté que les prestations (5,5%). Pour la première fois, les assurés en santé collective sont aussi nombreux qu’en contrat individuel.

Normalisation en dommages

Le chiffre d’affaires en assurances de dommages aux biens et de responsabilité ont progressé de 2,3% en 2017 à 54 Md€ (dont 21,1Md€ en auto et 10,5Md€ en habitation). Le taux de sinistre à prime du marché s’est globalement légèrement normalisé car les prestations n’ont augmenté que de 1%. Plus précisément, le ratio combiné (COR) a diminué de 105,4 à 102% en auto. Comme d’habitude les fréquences sont restées sages, mais la dérive de l’indemnisation du corporel se poursuit.

En revanche, en habitation, le COR est passé de 93,6 à 96,6%, malgré une diminution des fréquences hors évènements climatiques. Sur les 25 000 sinistres déclarés concernant l’ouragan Irma, le taux de règlement (74% au 7 mars 2018) dénote un retard de cadence par rapport aux catastrophes en métropoles.

Des ratios financiers flatteurs

Le ratio de solvabilité (Own Funds/Solvency Capital Requirement) a augmenté à 223% à fin juin 2017. Contrairement aux ratios en solvabilité 1 que l’on pouvait comparer directement d’une année sur l’autre, il faut désormais tenir compte des fluctuations boursières. L’amélioration vient essentiellement de la bonne tenue des actions, de l’immobilier et de la revalorisation des titres de taux, grâce à des taux d’actualisation restés faibles.

Sous la coordination de l’EIOPA, ces calculs de ratios de solvabilité doivent évoluer. La formule standard considère encore que le risque de signature d’un Etat est nul contre une pénalité de 49% pour le non coté (parfois plus sûr que certains états).

La contribution à la refondation

Comme d’habitude, les dossiers de place n’ont pas manqué (règlement Priips, discussion sur le Reste à Charge 0, inondations, tempêtes et cyclones, résiliation annuelle de l’assurance emprunteur, RGPD, DDA, contribution au projet PACTE, IFRS 17, propositions sur le régime catastrophes naturelles, dépendance, cyber-risques,…).

Pour 2018, la contribution de la FFA au projet PACTE (harmonisation de l’épargne retraite supplémentaire notamment) est centrée sur le projet « Revavie». Ce dernier suppose de faire accepter à Bercy la transférabilité de l’épargne. Il faut espérer pour le financement public et de l’économie que cette transférabilité ne remette pas en cause le statut fiscal de l’assurance vie.

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