Le nouveau désordre mondial

Les USA de D. Trump ne garantissent plus la stabilité mondiale. Il ne s’agit pas de se faire peur en cédant au catastrophisme géopolitique, mais de se préparer à l’avenir. Ne pas prévoir, c’est déjà gémir rappelait Léonardo da Vinci. Flux migratoires, désordres climatiques, guerre tiède, bulle de l’endettement, les menaces du digital,… Il faut aujourd’hui se prémunir des dangers globaux.

Le protectionnisme américain

Les USA de D. Trump sont dans l’America first, remettant en cause l’accord sur le climat (de la COP21), les traités commerciaux, menaçant de déchirer l’accord nucléaire avec l’Iran, de moins financer l’ONU et l’OTAN, etc. La visite d’E. Macron à D. Trump a servi leur communication, mais n’a permis d’avancer sur aucun de ces sujets.

Depuis leur siège new-yorkais, les Nations-Unies n’ont plus de poids faute d’implication des USA. Cette instance d’échanges diplomatiques ne gère pas plus les crises actuelles (au Moyen Orient ou en Corée par exemple), que la SDN n’a prévenu la 2ème guerre mondiale.

Dans l’imbroglio syrien par exemple, on est passé de la guerre froide au risque d’affrontement direct entre ex soviétiques et américains, entraînant ses alliés. L’Europe serait touchée, notamment parce que la Turquie est dans les 2 camps (OTAN et dans l’axe de circonstance Turquie-Iran-USA-El Assad).

Le désarroi européen

L’Union Européenne est en proie aux populismes (en Grèce avec Tsipras, en Italie avec 5 Stelle et Lega Nord) et aux nationalismes : Brexit au Royaume-Uni, progression de l’AfD en Allemagne, accession au pouvoir en Autriche, radicalisation en Hongrie, en Pologne, réflexes franquistes en Espagne,… Et au-delà de l’UE, la Russie et la Turquie, qui ont une partie européenne, agissent en nostalgiques de leurs empires.

Ce multi-nationalisme européen s’ajoute à la surrèglementation, à une fuite en avant monétaire en zone euro, à l’incapacité à se doter d’une politique étrangère ou d’une armée… Rien que la négociation budgétaire post-Brexit qui commence risque d’être une épreuve, notamment en France avec la baisse de la PAC et la hausse des contributions.

L’explosion africaine

La démographie, notamment africaine, couplée aux stress climatiques, fournit une pression qui déstabilisera l’Europe. Le continent africain verra sa population passer de 1 à 2,5 milliards de 2010 à 2060. Sans compter les migrants économiques, les migrants forcés y représentent 16 millions de personnes par an. Sur 50 ans, cela représentera plus de 1,6 fois la population européenne.

La croissance du PIB africain sera de l’ordre de 5% par an, ce qui considérable, mais insuffisant. Le nouvel impérialisme montant en charge, y compris en Afrique, est celui de la Chine. Quelques investissements y sont faits, mais La Chine y capte aussi une part croissante de la production agricole et industrielle, dont l’Afrique aurait besoin.

Le centre de gravité asiatique

La Chine monte en charge économiquement, mais n’a pas pris le relai des USA comme gardien de la paix mondiale, au contraire. L’empire du milieu vise plutôt à se constituer un « Lebensraum » expansionniste (en mer de Chine, péninsule coréenne, nouvelles routes de la soie en Asie centrale et au-delà,…). L’attaque au laser d’aviateurs américains à Djibouti (où les 2 super puissances ont chacune une base), par la Chine selon les USA, est une nouvelle étape dans cette escalade.

Compte tenu de l’ampleur des échanges concernés, le monde serait bouleversé si les relations de la « Chinamérique » devenaient chimériques. Le déficit commercial sino américain est de 375Md$ et inversement la Chine est le financeur majeur du déficit abyssal des USA (985Md$ de déficit fédéral prévu pour 2019).

L’Inde voudrait bien être un contrepoids autonome régional. Son budget militaire a dépassé celui de la France. Sa population va bientôt dépasser celle de la Chine (1,36Md d’habitants), qui va vieillir plus tôt. Mais il faudra des décennies à l’Inde pour résorber les inégalités et généraliser un niveau de vie à l’occidentale.

Capitalisme en crise ?

Selon Karl Marx (né il y a 200 ans jour pour jour), le capitalisme mène intrinsèquement à la crise. Les systèmes collectivistes (qu’ils se disent communistes, socialistes, etc) ont toujours et partout échoué, car les acteurs économiques ont une part d’individualisme. D’ailleurs, Marx a finalisé son analyse économique et sociale avec « Das Kapital ». En revanche, perdu dans des dialectiques hégéliennes, et malgré les pressions de son  financeur F. Engels, il n’a jamais finalisé de livre fournissant une solution viable à la lutte des classes.

Mais le capitalisme s’est toujours relevé des crises, fusse au prix d’une guerre mondiale après 1929. Ce n’est en effet pas le New Deal mais les dépenses de guerre qui ont relancé les USA. Aujourd’hui, prévenir les conséquences des dérives géopolitiques actuelles par une gouvernance mondiale renouvelée éviterait d’en passer par la guerre tiède mondiale qui couve. A défaut, il est urgent d’éviter de s’exposer aux dangers géopolitiques qui enflent.

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