Le ralentissement menace E.Macron

La croissance du PIB au 3ème trimestre s’élève à 0,4% (contre 0,2% au premier et au deuxième trimestre 2018), avec un acquis de croissance pour 2018 de 1,5%. Les courbes de la France et de la zone Euro se croisent. En effet, dans le même temps, la croissance de la zone Euro est à 0,2% au lieu de 0,4% précédemment.

Malgré cette performance moins mauvaise qu’au 1er semestre, la situation économique de la France reste très compliquée avec 2,2% d’inflation, 9,1% de chômage, et un déficit annoncé en hausse pour 2019.

Pour faire des affaires, le classement « doing business » de la Banque Mondiale a encore dégradé la France, qui se retrouve loin derrière la Macédoine ou la Géorgie par exemple. Pour nous consoler, la Banque Mondiale salue les annonces de transformations et quelques mesures (diminution de charges sociales) en cours de mise en œuvre en France.

Un budget hors trajectoire

A horizon 2022, E. Macron avait promis plusieurs baisses à l’horizon 2022 :

  • de la dette publique à 91,4% (elle a augmenté à 98,5% en 2018),
  • du déficit public à -0,2% (il va augmenter à au moins 2,8% en 2019),
  • des dépenses publiques à 51,6% (elles ont stagné à 56,5% en 2017, à comparer à 45,8% en moyenne dans l’UE), avec 60 Md€ d’économies supposées (la dépense publique a augmenté en montants),
  • des prélèvements obligatoires à 43,6% (ils augmentent à 45,4% en 2017),
  • du taux de chômage à 7% (il a augmenté au premier semestre 2018 à 9,1%). En France, l’emploi a progressé au premier semestre 3 fois moins que l’UE en moyenne.

Ainsi, aucun des résultats intermédiaires comptabilisés ne semble aller vers les promesses quantitatives d’E. Macron.

2019 s’annonce inquiétante

Le budget 2019 est construit sur une hypothèse de croissance de 1,7%. C’est non crédible compte tenu notamment :

  • du ralentissement de la zone Euro. L’Allemagne ralentit avec une Chancelière devenue chancelante. L’Italie inquiète les instances européennes et financières. Il faut y rajouter le ralentissement au RU dû aux risques inhérents au Brexit,
  • du renchérissement du prix des hydrocarbures (ajouté aux taxes qui augmentent),
  • d’un acquis de croissance (1,5% en 2018) qui ne se retrouvera pas en 2019,
  • des instabilités politiques dans le monde (Trump, Brésil, Venezuela, …) et en Europe (Brexit, Italie, Allemagne,…),
  • de l’arrêt des injections de liquidité de la BCE à compter du 1er janvier 2019 (sauf changement improbable de politique monétaire) et de la tension qui en résultera sur les taux.

Avec autant d’efforts pour si peu de résultats, engendrant des baisses dans les sondages, on comprend le « brown out* » du Président de la République.

*Brown out : en comparaison avec le burn out, simple fatigue dans laquelle on se demande si le travail produit a du sens.

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