L’EIOPA lance le stress test 2018

Le superviseur européen de l’assurance (l’EIOPA*) lance un nouveau stress test. 42 groupes européens vont s’y soumettre d’ici le 16 août 2018. N’étant pas exhaustif, il ne s’agit pas d’un test entraînant le maintien ou la remise en cause des agréments des assureurs, mais d’un sondage sur la « résilience » du secteur. L’EIOPA s’appuie en pratique sur les superviseurs nationaux (l’ACPR en France).

Pour la France, cela va toucher 9 groupes (AXA, CNP, Natixis Assurances, Crédit Agricole Assurances, Covéa, BNPP Cardif, Assurances du Crédit Mutuel, Groupama SA, Sogécap), mais aussi les filiales françaises des groupes étrangers participants. Dans la perspective du Brexit, si l’on enlève les 9 groupes britanniques participants, la France représente donc 27% de l’échantillon (9 groupes sur 33).

Le site de l’EIOPA détaille la liste des participants et des stress tests (spécifications, tableurs, question, etc). Un des objectifs est de publier les résultats (en janvier 2019) en vue d’accroître la transparence sur la solidité du secteur de l’assurance en Europe. L’EIOPA demande la publication « volontaire » des résultats par chaque participant.

Les 2 scenarios de stress sur les taux ont été élaborés en coordination avec l’ESRB (European Systemic Risk Board) :

  • Hausses des taux sans risque et de l’inflation, combinées avec des rachats et des insuffisances de provisions. Si le début de l’intitulé est probable, la fin du scénario est étrange. En cas de hausse (probable) des taux, les actifs sont dépréciés, mais les provisions en euros sont globalement stables. C’est même cela qui pose un risque d’adéquation actif-passif.
  • Taux durablement très bas, couplés avec un risque de longévité (cela pèse particulièrement sur les rentes à taux garanti).

Des trous dans la raquette

Le test de l’EIOPA a le mérite d’exister, mais dissimule beaucoup de lacunes :

  • Cela ne concerne pas les fonds de pension, qui relèvent de l’EIOPA, mais qui ne sont pas soumis à solvabilité 2.
  • Cela couvre les risques de taux et le risque de catastrophes naturelles (tempêtes, inondations, tremblement de terre). Le test entend couvrir pour la première fois une approche des cyber-risques via un questionnaire. En revanche, les risques géopolitiques, pourtant majeurs, ne sont pas « adressés ».
  • Les stress sont faits sur la base des comptes à fin 2017 et les résultats seront publiés en janvier 2019. Pourquoi faut-il 5 mois à l’EIOPA pour concaténer des fichiers, pourtant au même format ? Début 2019, l’environnement de taux devrait être différent, et les résultats ne seront probablement plus aussi pertinents.
  • Le test cible les grands groupes aux risques systémiques ou internationaux. Mais il n’est pas significatif pour le secteur de l’assurance, les groupes moyens ou petits pouvant être plus fragiles.

* European Insurance and Occupational Pensions Authority

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