Les commémorations 2018, une opportunité

Les commémorations 2018 vont surtout porter sur l’armistice du 11 novembre 1918. Mais d’autres anniversaires méritent d’être rappelés.

On pourrait aussi à cette occasion rappeler la pandémie de grippe espagnole qui a fait des millions de morts (sans faire de publicité aux vaccins rendus obligatoires par A. Buzyn). Autre commémoration moins largement dramatique, Claude Debussy décédait il y a 100 ans (d’une erreur médicale sur le traitement de sa diphtérie). Comme quoi les vaccins, inventés par le génial L. Pasteur, non médecin de son état, doivent encore être correctement appliqués. Au passage, le Palais de la Découverte rend hommage à ses découvertes sur les cristaux isomères, la fermentation, la pasteurisation, la rage, le vin et la bière,…

Des dates oubliées

Il y a 2000 ans, la gaule était à la veille de son invasion par les Romains.  2018 est aussi le 1950ème  anniversaire du suicide assisté de Néron, dont la vie présente d’étonnantes similitudes avec E. Macron (cf la Gazette).

Il y a 3 siècles, c’était en 1718 la fondation de la Nouvelle Orléans.

2018 sera aussi le 50ième anniversaire de mai 1968 et des JO de Grenoble, et son triplé en or de J.C. Killy. L’actuel pouvoir conteste la contestation, mais sa pensée de société fiscalo-administrée-sociale-libérale est pourtant nourrie de certains idéaux de mai 1968. Il est frappant de constater que la pensée germanopratine penchait en mai 1968 vers l’URSS, alors que le soulèvement de Prague avait été réprimé dans le sang au printemps de la même année.

Les amateurs de retours en arrière lugubres, polémiques et passéistes, commémoreront l’assassinat du Préfet Erignac (en 1998). Cela n’aidera pas à trouver des solutions consensuelles sur l’île de beauté.

Commémoration de la fin de la grande guerre

Les manuels d’histoire enseignent que les traités (notamment de Versailles en 1919 et de Trianon en 1920) auraient été trop durs pour l’Allemagne et auraient favorisé la 2ème guerre mondiale. Outre que celle-ci est plutôt la résultante de la crise de 1929, l’analyse historique nous montre que ce serait plutôt le contraire : si on avait appliqué les restrictions au réarmement allemand, on aurait évité les invasions et la Shoah.

En fait, W. Wilson, sous des propos pacifistes (en 14 points) a créé les conditions de la 2ème guerre, avec un Royaume-Uni qui souhaitait diviser la France et l’Allemagne (selon leur Leitmotiv « divide and conquer »). Le Royaume-Uni en a payé le prix en passant d’Empire mondial à pays en crise après la 2ème guerre.

L’idéologie actuelle tend à amalgamer l’Union Européenne et la paix (en fait, la paix est assurée par l’Otan). En réalité dans l’UE, les partages de l’empire austro-hongrois continuent à être contestés (notamment en Hongrie, divisée par 3 à cette occasion). La création de la Yougoslavie a été pérennisée sous la chape de plomb soviétique, mais l’UE n’a pas été en mesure d’assurer une transition douce vers les états actuels des Balkans.

Le premier travail de mémoire consisterait à purger les manuels des idéologies pour revenir à l’analyse des faits historiques. C’est un défi, dans un contexte de vérités hyperboliques selon de D.Trump et de Fake News.

La première guerre mondiale a été déclenchée entre gens qui se connaissaient et se respectaient (les empereurs d’Allemagne, de Russie et du Royaume-Uni étaient de proches cousins), au détriment de gens qui ne se connaissaient pas et s’entretuaient. L’inclusion de la France aurait été évitée si Raymond Poincaré, président du Conseil, ne s’était pas lié à la Russie contre l’Allemagne.

Il ne faut pas confondre Raymond avec son cousin Henri Poincaré, mathématicien transcendantal, découvreur notamment de la relativité restreinte à partir de la transformation d’H. Lorentz, quelques mois avant A. Einstein. Au lieu d’avoir des avenues à la gloire de R. Poincaré, dont la stratégie a causé le massacre de tant de Français, pourquoi ne pas mettre H. Poincaré au Panthéon, non loin de sa collègue Marie Skłodowska-Curie ? Au passage, 1918 était une année clé des suffragettes, que Marie Curie a soutenues.

Dans les livres d’histoire allemands, on évoque un suicide de l’Europe (Selbstmord Europas), plutôt qu’une Nième agression venue de l’est. Un projet européen solide nécessiterait de commencer par la culture, avec une histoire écrite en commun. Faire de l’achèvement technocratique de l’Union Bancaire le nirvana de la construction européenne met la charrue avant les bœufs. Les projets, surtout financiers, supposent une solidarité et donc une confiance entre les pays, ce qui suppose de se dire l’histoire franchement.

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