L’Europe éclatée

G.Soros compare les instances bruxelloises au politburo de l’ancienne URSS. Les organisations pseudo-humanitaires de G. Soros ont pourtant reçus des substantielles aides de l’UE. On se souvient du livre prophétique « l’Empire éclaté » d’H. Carrère d’Encausse. Bruxelles n’est pas Moscou, mais il faut réagir si l’on veut le rebond de l’Union Européenne.

Les ennemis de l’UE sont nombreux. Les USA ont pratiquement déclassé l’UE d’Etat à zone économique. La Russie comme la Chine ont intérêt à diviser l’UE pour commercer librement (gaz russe vers l’Allemagne, docks chinois du Pirée, etc). Le Royaume-Uni rêve d’une Europe fracturée pour renégocier ses accords commerciaux.

Des fractures multiples

Fille de pasteur engagé, T. May continue obstinément dans une voie sans issue (« cul-de-sac » disent les Anglais pour leurs dead end). Le Brexit a déjà été négocié puis rejeté par la Chambre des Communes. Accorder plus de temps n’arrangerait rien sauf à organiser un second référendum, ce que rejette la Première ministre britannique. La probabilité d’un no-deal s’accroît alors que les marchés financiers n’y croient pas (leur « wishful thinking » d’un « no Brexit » est pourtant infondé).

Le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a vu son budget rejeté par le Parlement. De nouvelles législatives sont donc à prévoir. Les régionalismes, notamment les indépendantistes catalans, compliquent la donne.

La grève générale ralentit l’activité en Belgique, notamment dans les transports. La France décélère, passant de 2,3% à l’arrivée d’E. Macron à 1,3% prévu pour 2019.

Les populismes tiennent bon dans le Groupe de Visegrád (Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Pologne). Cette alliance remonte à l’alliance anti-Habsbourg de 1335. Mais pour les populistes italiens, cela devient plus compliqué.

L’Italie tangente la récession, et se retrouve en conflit diplomatique avec la France, sans compter les sorties du président du parlement européen (A. Tajani) sur l’italianité de l’Istrie et de la Dalmatie (dans l’actuelle Croatie).

Les projets pan-européens sont à la peine (le Lyon-Turin est remisé aux oubliettes par l’Italie. Le rapprochement Alstom-Siemens a dû être abandonné). Mais surtout avec le Brexit, beaucoup de coopérations sont remises en cause (nucléaire, Airbus, Galiléo, etc).

Le traité d’Aix la Chapelle ne doit pas cacher la fracture entre la France et l’Allemagne. Entre les deux pays, la somme des écarts des déficits jumeaux (total des déficits budgétaires et commerciaux) est de plus de 400Md€ sur un an.

La décélération économique européenne est patente. Selon la Commission Européenne, le PIB de la zone euro ne progresserait que de 1,3% au lieu de 1,9% prévus. Pour l’ensemble des 27 (UE moins RU), la croissance n’atteindrait que 1,5%.

Quels projets comme solution ?

Pour réunifier l’Europe, il faudrait des projets communs qui iraient au-delà de la production de normes et contraintes bureaucratiques. Cela pourrait concerner :

  • L’extension de l’UE à de nouveaux pays, même s’ils ne remplissent pas tous les critères (Macédoine, Serbie, …). Donner un calendrier redonnerait une perspective.
  • L’économie et le social. Les coopérations à la carte ont plus de chance de prospérer que les hypothétiques budgets de la zone euro.
  • La défense. Les USA challengent leur participation à l’Otan et ont remis en cause le traité de désarmement avec le bloc russe. L’idée chimérique d’une armée européenne doit laisser place à des mécanismes à la carte.
  • L’immigration contrôlée, l’environnement, et tant d’autres chantiers nécessaires…

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