L’Europe en 2019

2019 sera un tournant pour l’Europe : élections européennes, changement dans l’exécutif à Bruxelles et à la tête de la BCE, Brexit (ou pas), tensions géopolitiques, …

Tensions budgétaires

L’Italie a concédé de réduire son déficit symboliquement vis-à-vis de Bruxelles. Ce n’est pas tant un déficit public de près de 2,4% qui pose problème (ce sera moins que la France), que les mesures populistes prises dans un contexte de dette/PIB toujours stratosphérique (132% !).

La France en crise

« En même temps », la France va connaître un déficit supérieur à 3% du PIB. 2,8% est inscrit dans le Projet de Loi de Finances (PLF), mais avec des prévisions de PIB trop optimistes. Et surtout, le PLF ne prend pas en compte les impacts économiques des émeutes, d’un possible hard Brexit, de signes de ralentissement américain, et des mesures annoncées (abandon de la surtaxe sur les hydrocarbures, non augmentation de l’électricité à financer, etc).

De plus, les gilets jaunes pourraient troubler la poursuite des réformes pourtant nécessaires au rétablissement financier, économique et social du pays. En France, le parti LREM subit les gilets rouges, et l’UDI fera cavalier seul aux élections européennes.

La déflagration du Brexit

Le mardi 11 décembre, la Chambre des Communes votera sur le projet de traité de retrait de l’UE. Les bookmakers tablent sur un rejet. L’UE ne va pas en renégocier un autre. Il ne reste plus qu’à se préparer à une rupture sans accord, sauf abandon du Brexit. C’est possible selon la Cour de Justice Européenne, mais cela supposerait probablement un nouveau référendum, avec accessoirement un nouveau Premier ministre britannique.

L’Europe sera impactée (Irlande, Chypre, Gibraltar, etc). Le budget de l’UE aura-t-il le chèque de sortie de 40 milliards ? La sortie du RU signifie aussi une perte pour l’Europe de 10 milliards de contribution annuelle.

L’Allemagne à un tournant

La Chancelière allemande est remplacée à la tête de la CDU par AKK (Annegret Kramp-Karrenbauer). AKK se positionne donc comme le successeur naturel d’A. Merkel à la Chancellerie, le jour venu.

L’Allemagne a réduit à presque rien les demandes d’accélérations européennes d’E. Macron. Certes, on poursuivra partiellement et lentement l’Union Bancaire (notamment les prêts en dernier recours du fonds de résolution, via le Mécanisme Européen de Stabilité en cas de faillites bancaires). Mais on est encore loin d’un Fonds Monétaire Européen.

Le budget de la zone euro a été acceptée en principe, mais seulement pour les pays qui respectent les engagements maastrichtien, donc pas la France (dette à 99% du PIB au lieu de 60%, déficit supérieur à 3% en 2019, etc). Quant à l’armée européenne proposée par E. Macron, l’Allemagne a demandé en contrepartie que la France cède à l’UE son siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU.

L’Est toujours rebelle

Aux confins de l’Europe, la tension baisse en mer d’Azov. A. Merkel et V. Poutine (qui parlent couramment la langue de l’autre) ont intérêt à s’entendre pour garder les pipelines ouverts.

En Pologne, à Katowice, la COP 24 a été décevante, dans un pays qui garde sa priorité énergétique dans le charbon. Cette COP aurait pu mettre en œuvre les accords de Paris, mais les avancées n’ont pas été au rendez-vous. Or en attendant, la dégradation du climat, la surexploitation des ressources naturelles et les extinctions de masse se poursuivent.

Partager l'article

Commenter