L’Europe se prépare au pire

Hard Brexit

La Commission européenne a décidé de mesures d’urgence dans le cas d’absence d’accord sur le Brexit, dans 100 jours. Cela concerne principalement les expatriés, les transports, le commerce, l’Irlande du Nord, et le climat. Pour la finance, une équivalence serait tolérée pendant un an sur la compensation des dérivés et sur certains contrats de dérivés, et pendant 2 ans sur les dépositaires.

En effet, en cas de ratification du projet d’accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE, le cadre juridique européen du RU cesse fin 2020. Mais en cas de « no deal », c’est le saut dans l’inconnu (cliff edge) dès le 30 mars 2019.

T.May propose un vote à la Chambre des Communes sur « son » projet d’accord en janvier. Ainsi, les parlementaires auront le choix entre un texte qu’ils rejettent à une large majorité aujourd’hui, et une sortie en catastrophe. Un hard Brexit pénaliserait le RU d’environ 9% de son PIB, voire engendrerait son explosion (départ potentiel de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord). Ne serait-ce pas jouer avec le feu ?

Flottement européen

Les principaux pays de l’UE affrontent en ce moment divers problèmes de leadership : Brexit pour le Royaume-Uni, A. Merkel qui a cédé les rênes de la CDU en Allemagne, l’Italie en coalition, les gilets jaunes en France, etc.

De plus, Charles Michel a présenté au roi des Belges sa démission suite au départ des ministres de l’Alliance Néoflamande (N-VA), qui n’ont pas accepté sa signature de pacte de Marrakech sur les migrants.

Enfin, la présidence tournante de l’UE est actuellement plutôt eurosceptique.

Les quelques avancées européennes proposées par E. Macron se retournent contre la France : budget de la zone euro pour ceux qui respectent les règles budgétaires (donc pas la France), taxation édulcorée des GAFA, lente montée en charge de l’Union bancaire, armée européenne (en réalité coopération renforcée), moyennant que la France partage son poste au conseil restreint de l’ONU…

Au mieux, certains dossiers amorcent une désescalade :

  • Les tensions se stabilisent entre l’Ukraine et la Russie, avec l’accès disputé à la mer d’Azov.
  • En Géorgie, NSK est l’émissaire d’E. Macron. L’élection de la nouvelle et francophile présidente est contestée.
  • L’Italie ne subira pas de sanction concernant son budget (sinon, il aurait fallu punir la France).

Tenir bon

Espérons que les élections européennes donnent un nouvel élan à la construction européenne, car il faut être fort dans une compétition mondiale avec une Chine toujours en croissance, et des USA plus autocentrés. D’ici ces élections, une consultation citoyenne (c’est à la mode) est ouverte sur l’avenir de l’Europe (économie, finance, relations étrangères, etc) en vue du sommet le 9 mai 2019 de Sibiu (en Roumanie, quoique peuplée de quelques Hongrois et Saxons transylvains).

 

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