Négociations Unédic sur fond de chômage persistant

Hausse du chômage

Les chiffres du chômage sont parus, en normes de l’INSEE (données trimestrielles et au sens du BIT*), le gouvernement ne souhaitant plus commenter les statistiques nationales mensuelles. Le nombre de chômeurs est de 2,715 millions (hors Mayotte), soit 9,7% de la population active, en augmentation de 0,2 point. Le nombre de chômeurs se serait accru de 75 000 au dernier trimestre sur la tranche des 25 à 49 ans en France métropolitaine, corrigé des variations saisonnières. L’INSEE procède par sondage, alors que l’Unedic ne connaît que ceux qui y sont inscrits (en fin de droit, beaucoup arrêtent de s’inscrire même sans allocation).

Il faut ajouter à ces données quantitatives globales un aspect plus qualitatif : la précarité gagne. Par exemple, le taux de temps partiel chez les hommes s’est accru de 40% en 10 ans.

Malgré une conjoncture économique internationale favorable, le taux de chômage ne recule pas vraiment dans l’hexagone. Avec une hausse du PIB proche de 1,8%, les créations d’emplois ne sont que de l’ordre de celle de la population active. Il semble que le taux de chômage structurel reste plus élevé en France que dans les autres pays (à peine plus de 3% dans les pays anglo-saxons). Même allégé, le code du travail reste une barrière à l’emploi : protectrice pour ceux qui sont à l’intérieur et qui bénéficient du filet de sécurité de l’Unédic en sortant, mais freinant grandement les embauches, faute de flexibilité suffisante du travail.

Négociations Unedic

Après les ordonnances réformant le code du travail et, en parallèle des renégociations sur la formation professionnelle, le gouvernement entend réformer l’assurance chômage.
La France est un des rares pays où le régime est laissé aux partenaires sociaux, mais où l’Etat garanti partiellement la dette. Le déficit de l’Unédic (3,6Md€ attendus pour 2017) creuse l’endettement qui dépassera les 40Md€ en 2019. En France, le régime d’indemnisation est très favorable en termes de taux de remplacement mais surtout en durée d’indemnisation. Il faut y rajouter la possibilité de cumuler emploi et chômage sans limite de temps, ou de jouer au yoyo entre un employeur et un employé, les périodes de vacances d’emploi étant pris en charge par l’Unedic.

Le régime de l’Unédic avait été conçu comme une assurance chômage. La France est en chômage de masse depuis longtemps. La situation ne relève plus l’assurance qui ne peut fonctionner que dans des cas « accidentels » et non pas structurels. D’ailleurs, dans les conditions actuelles, la part de l’assurance privée dans l’indemnisation du chômage reste aussi réduite que possible.

Des promesses coûteuses

Le candidat EM avait promis de l’élargir les prestations aux démissionnaires après 5 ans. Pour des raisons de coûts exorbitants, le Président EM a ramené sa promesse aux seuls cas de créateurs d’entreprises.
Les autres mesures seront également à discuter : extension de la garantie chômage aux indépendants, bonus-malus aux entreprises, renforcement des contrôles, etc.

La suppression des cotisations chômage, remplacées par la hausse de la CSG, signifie que l’Etat désormais payeur devrait reprendre la gouvernance, ce dont les partenaires sociaux ne veulent pas. Cette négociation se passera dans le contexte de succession de P. Gattaz au Medef, et de syndicats de salariés dispersés et peu suivis par leur base lors des dernières manifestations.

En cas de reprise de l’Unédic par l’Etat, cela alourdirait une dette/PIB déjà largement au-dessus des 60% de Maastricht (plus de 98%), et aggraverait un déficit public qui a déjà la plus grand mal à repasser en-dessous des 3% du PIB (finalement 2,9% prévu pour 2017, et déjà 3% pour 2019).
*Une personne en emploi au sens du BIT est « une personne âgée de 15 ans ou plus ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours de la semaine de référence ou ayant gardé un lien formel avec leur emploi (congés annuels, maladie, maternité, etc.) ».

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