Où va AXA ?

La direction générale du groupe AXA a annoncé ses bénéfices en forte hausse (6,2Md€ de résultat net pour 2017). Or, le cours d’AXA* progresse 2 fois moins que celui d’Allianz depuis plus de 2 ans. Que se passe-t-il ?

Le géant français (?) de l’assurance fait ressortir les bénéfices de son portefeuille, mais il n’est plus en croissance. Le chiffre d’affaires s’est tassé en 2017 à 98,5Md€. C’est l’inverse d’Allianz qui progresse légèrement en chiffre d’affaires, quitte à tasser un peu ses résultats.

Le ratio de solvabilité 2 d’AXA s’est accru à 205%. L’amélioration de ce ratio de solvabilité ne vient pas d’une hausse de ses fonds propres (qui se tassent à 69,6Md€), mais de la baisse des risques assurés.

Cette hausse de la solidité financière permettrait au groupe de la croissance interne, voire des acquisitions. Le groupe fait, au contraire, le choix de se délester :

  • soit en vendant (ses activités en Azerbaïdjan, sa franchise « swiss privilege » à Hong-Kong, etc). C’est conforme à son plan « Ambition 2020 » qui entend concentrer le groupe sur quelques marchés majeurs.
  • soit en ouvrant le capital de ses activités américaines. Le groupe a confirmé son intention de mettre en bourse, une partie de ses activités aux USA (déclaration en vue de l’introduction d’AXA US déposée mi-février).

Après diverses promesses dans le digital, AXA a aujourd’hui surtout réalisé des partenariats avec de grands acteurs du digital (qui sont pourtant ses concurrents potentiels). Rares sont les acquisitions, comme en santé aux USA (Maestro Health). Donc, pas de mutation digitale du business model en vue.

AXA France, l’historique « cash cow » du groupe, affiche une croissance de 4%, mais ce ratio flatteur oublie en fait une affaire retraite significative fin 2016.

Le groupe cible des assurances de risques anciens et très concurrentiels (santé/protection, dommages entreprises). En économie, on apprend que ce n’est pas dans les « commodities » que l’on peut espérer dégager des marges en croissance.

En gestion d’actifs, AXA IM est confirmé au sein de la stratégie du groupe, avec 747Md€ sous gestion. La nécessaire réduction des frais (et donc des ratios d’exploitation) y est en cours.

Avec T. Buberl, le groupe AXA semble prendre l’orientation stratégique qu’il avait déjà tracée en Allemagne : le cost cutting.

*25 euros au 28 février 2018. Il est loin le temps de C. Bébéar où l’on rêvait un groupe en croissance mondiale, avec des cours vers les 40 euros.

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