Prévisions économiques en repli

L’économie mondiale se porte globalement bien. Mais le durcissement de D. Trump sur le commerce mondial (ce qui pourrait ralentir de 0,5% le PIB mondial), le resserrement des banques centrales sur leur politique monétaire, et quelques risques géopolitiques vont freiner ce dynamisme.

Selon l’OCDE (qui compte 36 membres avec la Lituanie ce mois-ci), « la hausse du PIB mondial devrait, selon les prévisions s’établir à près de 4 % en 2018 et 2019 pendant que dans la zone OCDE, la croissance devrait rester proche de 2 ½ pour cent par an. »

Mais les études ont été réalisées avant les dernières escalades verbales de D. Trump contre le commerce mondial. Le taux d’emploi de la zone OCDE (la part des personnes en âge de travailler ayant un emploi) est en légère hausse en ce milieu de 2018 à 68.2%.

Les inquiétudes du FMI

Pour 2019, selon le FMI, la croissance devrait s’accélérer dans les pays émergents à 5,1% (4,9% en 2018), contre une décélération à 2,2% (au lieu de 2,4% pour 2018) dans les pays développés. Les USA continueraient à 2,7% après 2,9% cette année (relance fiscale et budgétaire), contre 1,9% (2,4 en 2017, et 2,2% prévu en 2018) dans la zone Euro.

Mollesse en zone Euro

Pour la France, le FMI reprend la prévision de 1,8% pour 2018 (le mondial de foot pourrait aider de 0,1%) et 1,7% pour 2019 (contre 3,9% dans le monde à chacune de ces années). C’est moins que les 2,2% puis 1,9% prévus pour la zone euro sur la même période.

Ces prévisions de décélération démentent la déclaration du Gouverneur de la Banque de France qui a affirmé que le trou d’air de début 2018 est derrière nous. Certes, la victoire en coupe du monde de football pourrait doper de 0,1% la croissance française, mais c’est loin des considérations de la rue Croix des Petits-Champs.

Pour le Royaume-Uni, il est difficile d’extrapoler le 1,4% de croissance prévu pour 2018, puisque cela dépend du Brexit. Sans compter les démissions gouvernementales précédentes pour cause de scandale, après les démissions du ministre en charge du Brexit, de son secrétaire d’Etat et de B. Johnson, c’est maintenant le ministre de la défense qui démissionne. Le livre blanc sur le Brexit a dû être amendé à peine sorti, pour être durci.

Au global, pour 2019, la croissance économique mondiale (prévue à 3,9%) est moins tirée par les pays membres de l’OCDE (+2,5%) que par l’Asie. Et au sein des pays développés, l’Europe paraît moins dynamique que l’Amérique du Nord.

Asie en forme, Afrique à accroître

Certains s’inquiètent de la décélération à « seulement » 6,6% de croissance du PIB de l’Empire du milieu en 2018. D’abord, c’est un taux qui ferait rêver l’Occident. Mais surtout +6,6% en 2018 sur une économie déjà développée, cela représente un doublement en 11 ans, et ce, appliqué à la 2ème économie mondiale. Certes, la production et l’investissement décélèrent, mais si c’était le contraire, certains économistes crieraient à la manipulation des chiffres ou au risque de bulle financière (créances douteuses). Ce ralentissement chinois dépendra du bras de fer avec D. Trump sur le commerce sino-américain, et des arbitrages de l’OMC. Après avoir menacé 34Md$ puis 200Md$, le président américain envisage de taxer les 505Md$ d’importations chinoises aux USA!

Seule l’Inde est le seul grand pays à faire mieux que la Chine (+7,5% pour 2019), mais ce rattrapage est nécessaire. L’Inde dispose bientôt de la première population mondiale en âge de travailler.

Le FMI s’inquiète de la croissance insuffisante en Afrique sub-saharienne, doublée de tensions politiques et climatiques, qui devraient alimenter les migrants. Le FMI plaide pour un développement durable, une diminution du terrorisme, des corruptions et des déséquilibres budgétaires, et une coopération économique renforcée, tout en restant inquiet sur ces sujets. Mais que peuvent-ils contre D. Trump qui attise ces foyers de risques ?

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