Risques géopolitiques sur les taux

Divergences des banques centrales

Les patrons de la BCE et de la Banque du Japon n’assisteront pas au symposium de Jackson Hole autour de J. Powell. Les banquiers centraux sont moins coordonnés, voire divergent.

La Réserve Fédérale poursuit sa hausse des taux directeurs (encore 2 autres hausses possibles d’ici la fin d’année). Face à ce durcissement de la politique monétaire Outre-Atlantique, D. Trump exprime sa désapprobation (à des fins électoralistes internes), puisque cela freine la compétitivité et la croissance économique.

Dans le même temps, la BCE se refuse encore à quitter un laxisme irresponsable sur le long terme (explosion des dettes, taux zéro, pas de remontée alors que l’inflation excède le seuil des 2%).

La domination du dollar

Pendant ce temps, dopées par les relances budgétaires et fiscales, les bourses américaines poursuivent leur escalade effrénée. C’est le rallye boursier de hausse sans chute majeure le plus long de l’histoire américaine. La myopie des marchés ne prend en considération ni les guerres commerciales, ni le retour de bâton (il faudra financer les déficits publics générés par cette politique), ni même le risque de destitution du président américain.

La chute de la Livre turque (moins 15% en une seule journée) a entrainé dans son sillage des tensions sur le Rand sud-africain, le Rouble russe, le Peso argentin,… Les bourses chinoises chutent violemment avec la guerre commerciale sino-américaine. Les marchés financiers qualifient ces pays d’émergents, en oubliant qu’ils sont aussi notre socle historique. Certains monuments en Turquie sont multi millénaires (Göbekli Tepe remonte à 11 600 ans !). La première dynastie chinoise (Xia) est datée de 4100 ans.

La question italienne

Relativisons, le budget 2019 de la France ne sera qu’un parcours de santé à côté du débat budgétaire italien. Soit les promesses électorales -déraisonnables- sont mises en œuvre et le budget de l’Italie explose, et son financement avec. Le spread Italie-Allemagne a déjà doublé et les capitaux fuient la péninsule par dizaines de milliards d’euros. Soit ces promesses ne sont pas tenues, et le pays replonge dans le chaos politique.

L’Italie (R. Salvini) menace de ne pas payer son écot au budget de l’UE. Cela signifierait à terme l’Italexit, ce qui exploserait la finance italienne déjà fragile, avec une spectaculaire remontée des taux. Coïncidence ou pas, le rapprochement entre Unicredit et SG est encore évoqué.

L’UE a peiné financièrement et politiquement pour « sauver » la Grèce. A.Tsipras a fêté le retour dans la gestion financière normale de la Grèce sur l’île d’Ithaque (là où Ulysse avait pu retourner après 10 ans de guerre de Troie et 10 ans d’odyssée). Avec un jeune sur 2 au chômage et un recul d’un quart du PIB depuis la crise, la Grèce n’a pourtant pas de quoi festoyer.

L’Italie, 9 fois plus importante en PIB que la Grèce, est hors de portée d’un sauvetage par l’UE, et il ne faut compter sur l’altruisme ni des USA ni de la Chine. M. Draghi ne sera plus à la tête de la BCE à la fin octobre 2019. Qui aura alors à cœur de financer « whatever it takes » la péninsule, pour couvrir quelques affaires bancaires italiennes ?

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