« Université de Paris 8 : entre espérance et chaos »

L’université de Paris 8, appelée aussi « Université Monde », se caractérise comme un lieu d’échanges et de partages internationaux tant la mixité est la normalité, ce qui en fait sa richesse et l’espérance, pour ses étudiants, de l’ascenseur social par des formations de qualité. Le chaos croissant et incontrôlé risque pourtant de remettre en cause les efforts déployés.

A l’origine « Centre universitaire expérimental de Vincennes », crée en 1969 à l’initiative d’Edgar Faure, pour constituer « un foyer d’innovation ouvert au monde contemporain », l’Université de Paris 8 regroupe 22 000 étudiants et comprend 11 UFR, 5 instituts, dont 2 IUT, 4 écoles doctorales, 36 équipes de recherche, dont 8 UMR et 6 domaines de formation. Elle offre des formations axées dans le domaine des « humanités », à savoir les Arts, Lettres, Sciences humaines et sociales. Son objectif principal affiché est « d’amener les étudiants à une meilleure compréhension du monde contemporain tout en leur fournissant les outils pour s’insérer durablement dans la société »[1]. Elle affirme ainsi « sa volonté de maintenir un lien fort entre la recherche et l’enseignement, en s’appuyant sur des méthodes pédagogiques qui ont pour vocation de s’adapter à tous les publics et de dispenser une formation pour tous, tout au long de la vie ». Elle est particulièrement ouverte à l’international avec 271 partenariats avec des universités étrangères parmi lesquelles Berkeley, Buenos Aires, Kingston, Berlin, l’Université nationale de Mexico, l’Académie des Arts et du Design de Pékin, Todaï au Japon et 145 nationalités représentées parmi les étudiants. Elle comprend une surface globale de 88 406 m2 de bâtiments relativement modernes et aux besoins modernisés, une belle bibliothèque et 899 enseignants, 868 emplois de personnels BIATOSS (bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens…). Pour se rendre au 2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis cedex, il suffit de prendre la ligne 13 du métro et arriver au terminus « Saint Denis Université ». Compte-tenu de ces différents éléments, il est possible de se convaincre que tout est dans le meilleur des mondes avec des moyens importants, variés et riches en matière d’enseignement et de recherche autant pour les étudiants que pour les enseignants chercheurs. Le problème est que rien de va plus.

Le chaos est à l’Université de Saint-Denis. Les raisons sont multiples, durables et croissantes. Voici plusieurs éléments :

  • Problèmes de sécurité. Régulièrement, étudiants, enseignants, personnels sont victimes de vols (portables, ordinateurs, sacs) et s’ils essaient de se débattre, ils se font taper parfois sérieusement au risque de se retrouver à l’hôpital. Se promener le soir n’est pas toujours rassurant. Les enseignants hésitent à faire cours après 16h30, d’autant que les étudiant(e)s ne viennent plus ayant eux-mêmes par peur. Les vigiles à l’entrée, quand ils sont là, vérifient très légèrement les sacs, ce qui est limite compte-tenu des risques terroristes.
  • Problèmes de vols. Les secrétariats, bureaux, salles de cours sont régulièrement cambriolés : portes fracturées, ordinateurs et moyens vidéo volés, boîtes aux lettres cassées.
  • Problèmes des migrants (150 ?). Le bâtiment A de l’Université de Saint Denis est « réquisitionné » par des migrants[2] depuis février 2018, soit déjà 3 mois. Outre les problèmes de sécurité et sanitaires majeurs (installations électriques endommagées par des branchements sur des relais, risques d’incendie, portes coupe-feu enfoncées)[3], le fait que certaines clés et cadenas aient été remplacés et ne soient détenus que par les migrants, l’administration est « focalisée » par les migrants au détriment de l’intérêt général à savoir l’enseignement et la recherche. Elle ne répond pas aux mails, ayant à gérer l’ingérable : des migrants installés dans des lieux publics inadaptés, n’acceptant pas les salles proposées, ni même les actions de « médiation ». Les salles étant « occupées », la recherche, par les secrétariats, d’autres salles et l’orientation des étudiants et des enseignants s’avèrent des exercices difficiles, au point qu’un enseignant avec ses étudiants a « occupé » l’entrée des bureaux de la Présidente. Une salle a été miraculeusement trouvée rapidement.
  • Problèmes d’expression de violence de haine raciale, contre la France, les policiers, Israël, et les homosexuels. Les tags, de plus en plus nombreux, comportent diverses inscriptions[4]: « Mort aux blancs », « Fuck white people », « Anti-France vaincra », « Beau comme une voiture de police qui brûle », « Français = PD », « Femmes, voilez-vous ! », sans compter les tweets anti-israélites, pro-palestiniens[5].
  • Problèmes de grèves. L’université de Paris 8 est bloquée depuis plusieurs semaines, les cours ne pouvant avoir lieu, ni même les examens. Il est même impossible aux administratifs de pouvoir entrer sur les lieux. Quand quelques-uns y parviennent, l’ambiance est lourde, oppressante, pesante. Les dégradations sont nombreuses et pourraient s’élever à un million d’euros, au risque de ne pas pouvoir offrir aux étudiants et aux enseignants les moyens de pouvoir disposer de lieux adaptés.

Tels sont les problèmes actuels. Pourquoi en est-on arrivé là ? alors que l’Université de Paris 8 constitue une espérance majeure pour de très nombreux étudiants de milieu modeste et précaire qui pourraient par leurs diplôme bénéficier d’une chance d’ascension sociale.

Le Mur du silence et l’inaction :

  • de l’administration, principalement de la Présidente qui est responsable pourtant de l’Université de par sa qualité ;
  • du préfet qui doit assurer la sécurité publique ;
  • de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui ne semble pas agir ;
  • du Président de la République. Oui, à ce stade, il lui faut réagir pour l’enseignement, le savoir, la recherche, l’espérance de tous : des étudiants et de leurs parents, des enseignants, de la collectivité, de la Nation.

Restent que certains étudiants ont fait une pétition pour réagir contre la fermeture de leur université[6]. Cet article ne peut être signé. Des menaces de mort ont déjà été proférées à l’égard d’étudiants et d’enseignants. Peut-être que les autorités publiques ont-elles aussi peur ?

L’université de Paris 8 est-elle encore dans un Etat de droit ? Le Chaos : non ! L’espérance : oui !

[1] https://www.univ-paris8.fr/-UNIVERSITE-

[2] Photographies: http://www.liberation.fr/france/2018/02/02/a-l-universite-paris-viii-un-batiment-requisitionne-pour-loger-des-migrants_1626965

[3] http://etudiant.lefigaro.fr/article/le-racisme-anti-blanc-s-affiche-a-l-universite-paris-8_cd33d240-2cee-11e8-8f40-c740ab83b836/

[4] https://francais.rt.com/france/49018-mort-blancs-racisme-anti-blanc-exhibe-murs-universite-paris-8

[5] http://etudiant.lefigaro.fr/article/le-racisme-anti-blanc-s-affiche-a-l-universite-paris-8_cd33d240-2cee-11e8-8f40-c740ab83b836/

[6] https://www.change.org/p/tous-les-%C3%A9tudiants-de-paris-8-qui-sont-contre-le-blocus-de-l-universit%C3%A9-paris8-la-mobilisation-contre-le-blocus-de-l-universit%C3%A9-paris-viii?recruiter=495581114&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=psf_combo_share_more&utm_term=autopublish

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